« Face à Donald Trump, des dirigeants africains soumis et humiliés », estime le géopoliticien Adrien Poussou
Au début de décembre, le président des États-Unis a réitéré ses saillies racistes vis-à-vis de l’Afrique, en dénigrant ouvertement la Somalie. Mais si cela ne surprend pas l’expert centrafricain en géopolitique, c’est bien le silence des élites africaines qui l’indigne et qui, selon lui, laisse à penser que le continent accepte d’être rabaissé et perçu comme un simple réservoir de ressources à exploiter et non un partenaire égal.
Les propos de Donald Trump sur les Somaliens sont venus nous rappeler, avec une brutalité inouïe, que le racisme s’exprime désormais sans filtre, sans vergogne, et même au sommet de la première puissance mondiale. En qualifiant la Somalie de « pays pourri » – et par extension tout ou partie de l’Afrique – Trump ne s’emploie pas seulement à asséner ses vieilles lubies xénophobes. Il apporte la confirmation que le système global hérité de la Seconde Guerre mondiale, établi à partir de l’antifascisme, du respect des droits humains et d’une certaine hypocrisie qui maintient les apparences dans les relations internationales, a volé en éclats. Donc, il ne s’agit nullement de simples insultes proférées par un homme qui exhale la puanteur du racisme et qui a fait de la provocation son fonds de commerce politique. C’est pire que cela.